Le 10 septembre 2024, Santé publique France a mis à jour une campagne pour guider les parents d'enfants de 4 à 11 ans. Pour le goûter, au quotidien, limiter les viennoiseries ou autres aliments sucrés et gras et proposer du pain avec quelques carrés de chocolat ou un peu de beurre ou de confiture, un fruit frais ou une compote ou un produit laitier.
Cet article sépare ce que disent Santé publique France, l'ANSES et Manger Bouger. Cinq repères en sortent : un seul goûter structuré, un fruit entier plutôt qu'un jus, du pain plutôt qu'une viennoiserie quotidienne, un produit laitier qui compte dans les trois par jour, et un dîner plus léger environ deux heures avant le coucher. La semaine type de la fin est un protocole de coach, utile pour reprendre un rythme de repas après les vacances.
Ce que disent vraiment Santé publique France, l'ANSES et Manger Bouger
Santé publique France, dans le même communiqué, ajoute : si les parents donnent des biscuits, éviter surtout ceux qui ont un Nutri-Score E. 3 produits laitiers par jour pendant l'enfance et l'adolescence ; 2 à l'âge adulte. Les portions officielles des 4 à 11 ans évoluent avec l'âge.
L'enquête Esteban 2014-2016, citée par Santé publique France, fixe le décor. En 2015, seul un quart des 6-10 ans mangeaient suffisamment de fruits et légumes et plus des trois quarts consommaient trop de glucides simples issus des produits sucrés.
- 1/4des 6-10 ans mangeaient suffisamment de fruits et légumes en 2015
- Plus des 3/4consommaient trop de glucides simples issus des produits sucrés
Santé publique France, Esteban 2014-2016
D'une manière générale, l'ANSES estime qu'il n'est pas souhaitable d'introduire des occasions de prises alimentaires en dehors des repas structurés (petit-déjeuner, déjeuner, goûter, dîner) afin notamment de limiter le risque d'apports énergétiques quotidiens excessifs. De par sa composition, son horaire, son caractère systématique et indifférencié, la collation du matin à l'école n'est pas justifiée. La prise d'une collation matinale entraîne une augmentation significative de l'apport énergétique journalier d'environ 4 %. L'ANSES recommande d'intégrer la distribution du fruit dans le cadre d'un repas structuré, comme le goûter.
Le 29 mai 2024, l'ANSES a publié ses travaux sur la répartition des prises. Les données disponibles indiquent qu'il existerait un lien entre un apport énergétique élevé dans la soirée et une augmentation du risque d'obésité. L'ANSES préconise donc de prendre un dîner léger le soir et de manger suffisamment tôt pour respecter un délai d'environ deux heures entre le dîner et le coucher. En semaine, seuls 6 % des enfants ne prennent pas de petit déjeuner. L'ANSES précise qu'il n'y a pas de preuves scientifiques de risque de surpoids, d'obésité ou d'altération des performances cognitives lié à l'absence de petit déjeuner chez les enfants. Un manque d'appétit le matin pourrait être dû à un dîner trop copieux ou trop tardif, ou à une durée de sommeil trop courte. D'où l'intérêt, quand l'enfant déjeune le matin, d'un petit-déjeuner un peu plus protéiné.
Manger Bouger, page des 4-17 ans, donne les quantités. 3 produits laitiers par jour pendant l'enfance et l'adolescence, par exemple un yaourt nature, 150 mL de lait et 30 g de fromage. Les jus de fruits sont naturellement très sucrés, pauvres en fibres, et « calent » moins qu'un fruit entier. Un jus ne compte pas comme une portion de fruits et légumes. Sodas, jus et sirops : pas plus d'un demi-verre avant 11 ans, puis pas plus d'un verre par jour. Les fruits à coque non salés, non sucrés et pas au chocolat, plusieurs fois par semaine. Manger Bouger demande aussi de limiter pâtes à tartiner, gâteaux, chocolat, crèmes dessert ; si vous en achetez, limitez les produits avec un Nutri-Score D et E.

Gourmandises Zéro Culpabilité
Des idées de desserts et d'encas pour les week-ends de rentrée, afin que le goûter de semaine reste du pain, un fruit et un laitage, sans transformer chaque mercredi en pâtisserie.
Ce que cela change (et ne change pas) pour le goûter de rentrée
Le goûter fait partie des quatre repas structurés. Dans les familles que j'accompagne, le réflexe de rentrée est d'ajouter une prise entre la sortie d'école, le centre et les devoirs. Les textes demandent d'en tenir une seule, puis de soigner le soir.
Santé publique France oriente vers le pain. Manger Bouger écarte le jus comme portion de fruits. Le fruit entier, encore sur les étals de fin d'été (mirabelles, quetsches, figues), porte les fibres que le verre n'a plus. Le laitage entre dans le compte des trois. Un biscuit de temps en temps n'est pas un échec : la ligne de Santé publique France porte surtout sur le Nutri-Score E.
Ce texte n'est pas une liste de douze idées. Les snacks à glisser dans le cartable et le goûter adulte en douze propositions existent déjà. Ici, l'enjeu est le cadre. Le dîner se pense en complément de la cantine : le protocole du soir après la cantine évite de resservir un second déjeuner. Sur un budget d'août, les repères de l'allocation de rentrée suffisent à tenir pain, fruit et laitage.
Les limites et ce qu'on ne sait pas encore
L'ANSES constate le manque d'études robustes en chrononutrition. Le lien entre apport élevé le soir et risque d'obésité est formulé au conditionnel : « il existerait ». Les extraits mobilisés ici ne publient pas de seuil de sucre propre au goûter.
Esteban date de 2014-2016. Santé publique France s'appuie encore sur ces chiffres en 2024. Ils décrivent une génération d'écoliers, pas la classe de 2026.
Aucun de ces textes n'arbitre un enfant qui s'entraîne, un autre qui n'a pas faim, et un mercredi sans école. C'est le trou que la semaine type cherche à combler : un usage de coach, signé, discutable.
5 repères concrets + la semaine type signée
- Un seul goûter structuré. L'ANSES le range parmi les repas structurés. Une deuxième prise dans l'après-midi sort de ce cadre.
- Un fruit entier plutôt qu'un jus. Manger Bouger : un jus ne compte pas comme une portion de fruits et légumes. Une pomme ou le fruit du calendrier de saison suffit.
- Du pain, avec un peu de chocolat, de beurre ou de confiture. Composition de Santé publique France, pour le quotidien.
- Un produit laitier qui compte dans les trois par jour. Santé publique France fixe le nombre à 3 pendant l'enfance.
- Le soir, dîner plus léger, assez tôt. L'ANSES : dîner léger, environ deux heures avant le coucher. Le goûter sert à arriver à ce dîner-là.
5 goûters de la première semaine de rentrée
| Jour | Composition | Unités ménagères | Note |
|---|---|---|---|
| Lundi | Pain, 2-3 carrés, 1 fruit | 1 tranche, 2-3 carrés, 1 fruit | Composition de Santé publique France |
| Mardi | Pain, un peu de beurre, 1 yaourt | 1 tranche, 1 noisette de beurre, 1 pot | Laitage dans les 3 du jour |
| Mercredi | Pain, un peu de confiture, 1 fruit | 1 tranche, 1 c. à café, 1 fruit | Sans cantine : on ne double pas |
| Jeudi | Pain, 1 yaourt, 1 fruit, vers 16 h 30 | 1 tranche, 1 pot, 1 fruit | Entraînement 17 h 30 : remplace le grignotage |
| Vendredi | 1 yaourt, 1 fruit, 2-3 carrés | 1 pot, 1 fruit, 2-3 carrés | Sans viennoiserie quotidienne |
Le jeudi, dans l'alimentation d'un enfant sportif, le goûter prend la place de la barre du sac. Une fournée de energy balls dattes-avoine peut servir un week-end, pas les cinq soirs. Une session de batch cooking en famille, ou le programme de batch cooking, règle surtout les dîners. Le goûter tient avec une liste de courses courte : pain, laitages, fruits, un peu de chocolat.
10 recettes vitalité
Dix recettes à piocher quand le trio pain-fruit-laitage lasse, pour des après-midi de classe qui arrivent au dîner sans grignotage ajouté.
Questions fréquentes
Mon enfant goûte au centre de loisirs. Faut-il lui en donner un second à 18 h ?
Manger Bouger le dit clairement : si votre enfant goûte au centre de loisirs, ne lui donnez pas un deuxième goûter à 18 h. S'il a vraiment faim, proposez-lui un fruit. C'est le cas typique où une deuxième prise de l'après-midi s'ajoute au repas déjà pris, sans que l'appétit du dîner y gagne.
Puis-je glisser des amandes ou des noix dans le goûter d'un enfant de 5 ans ?
Manger Bouger conseille les fruits à coque non salés, non sucrés et pas au chocolat, plusieurs fois par semaine. Avant 6 ans, ne les donnez pas entiers : risque de fausse route. Mixez-les en poudre dans une préparation, ou attendez l'âge indiqué. Ce n'est pas un interdit de goût, c'est une consigne de sécurité.
Le fromage au lait cru a-t-il sa place dans les trois laitiers du jour ?
Manger Bouger rappelle que les enfants de moins de 5 ans ne doivent pas consommer de lait cru ni de fromages au lait cru, sauf emmental ou comté, en raison des risques infectieux. Pour un enfant plus grand, un morceau de fromage de 30 g compte comme un des trois produits laitiers, à condition d'alterner avec yaourt, lait et fromage blanc.
Mon enfant n'a pas faim à 16 h 30. Dois-je le forcer à goûter ?
Non. Santé publique France rappelle qu'il convient de faire confiance à l'appétit de l'enfant et de ne jamais le forcer à manger. Un goûter sauté de temps en temps n'est pas un échec. Observez le dîner : s'il arrive affamé et avale trop vite, un fruit seul à 16 h suffit souvent. S'il dîne correctement, le goûter n'était pas nécessaire ce jour-là.
L'entraînement est à 19 h, pas à 17 h 30. Le goûter change-t-il ?
Oui, l'horaire se décale, pas le principe. Servez le goûter assez près de l'effort pour qu'il le couvre, puis dînez après la séance, plus léger, en gardant environ deux heures avant le coucher. Si l'entraînement finit à 20 h 30, le dîner sera forcément plus tardif : réduisez encore la portion du soir plutôt que d'ajouter une barre au retour.
Un smoothie ou un jus pressé maison remplace-t-il le fruit du goûter ?
Non. Manger Bouger indique qu'un jus de fruits est naturellement très sucré, pauvre en fibres, et qu'il ne compte pas comme une portion de fruits et légumes. Un smoothie mixé garde un peu de pulpe, mais ce n'est toujours pas le fruit croqué. Gardez le verre pour un usage occasionnel, pas plus d'un demi-verre avant 11 ans.
Je dois goûter un enfant de 5 ans et un de 11 ans. Même assiette ?
Même structure, portions différentes. Santé publique France indique qu'entre 4 et 6 ans, la portion proposée correspond en moyenne à la moitié de celle d'un adulte, puis augmente progressivement à partir de 7 ans pour rejoindre celle d'un adulte après 11 ans. Une tranche de pain et un yaourt pour le plus jeune, une tranche et demie et le même yaourt pour l'aîné, le fruit entier pour les deux.
Le mercredi sans école, le goûter doit-il devenir un vrai repas ?
Non. Le mercredi change souvent le déjeuner, rarement le statut du goûter. Gardez la même structure pain-fruit-laitage. Si le déjeuner a été tardif ou copieux, un fruit suffit. Si le matin a été vide et le midi expédié, tenez les trois composantes, puis dînez un peu plus tôt. Ce n'est pas le jour où l'on rattrape la semaine en viennoiserie.

